« Pour un renouvellement des acteurs politiques | Page d'accueil | Comment retrouver confiance en notre justice ? »

23.10.2006

Restaurons la démocratie

A l’aube des échéances électorales de 2007, il est grand temps de se pencher sur nos institutions et de réfléchir à la mise en place d’une nouvelle Constitution.

La Constitution de la 5ème République a été imaginée pour un homme, le Général de Gaulle, et sur la base d’une idée : rassembler la nation autour de cet homme providentiel.

Près de cinquante ans plus tard, force est de constater que la République ne rassemble plus, elle divise et les crises qui se succèdent depuis plusieurs mois en sont malheureusement l’illustration.

Pour trouver l’origine de ce constat, il faut se retourner vers les trois piliers de notre système institutionnel :
-
le Chef de l’Etat : doté d’un pouvoir exceptionnel et sans partage qui n’existe dans aucun autre pays occidental  le Chef de l’Etat  est aujourd’hui aux abonnés absents. Retranché derrière un Premier Ministre non élu dont il se sert comme d’un fusible, il n’apparaît en moyenne que deux fois dans l’année (le 14 juillet et le 31 décembre) sauf quant la pression de la rue se fait trop forte. Il n’est par ailleurs responsable devant personne.
Le Gouvernement et à sa tête le Premier Ministre : face au retrait progressif du Président de la République, c’est, de fait, le seul organe dirigeant de notre pays. C’est aussi le seul qui ne soit pas élu.
Le Parlement : composé des représentants élus du peuple chargés de voter les lois de la République, il est réduit aujourd’hui au rôle de chambre d’enregistrement et de commentateur des volontés ministérielles, sans véritable pouvoir.

Ce simple constat nous conduit à la conclusion suivante : nous ne vivons pas en démocratie !

Les habitants de ce pays n’ont pas la possibilité de se faire entendre démocratiquement et cela a deux conséquences directes :
-  une méfiance grandissante de nos concitoyens envers les acteurs politiques,
- la multiplication des mouvements de rue (manifestations, crise des banlieues), seul mode d’expression trouvé par une partie d’entre nous pour se faire entendre.

Face à cette angoissante vérité, l’UDF a souhaité lancer un débat sur nos institutions et pour la mise en place d’une 6ème République reposant sur trois principes fondateurs : la responsabilité, la légitimité et le contrôle.

La responsabilité veut que celui qui est élu gouverne. Ainsi le chef de l’Etat, élu par le peuple, doit être celui qui gouverne et rend des comptes au peuple au lieu de se dissimuler derrière son Premier Ministre. C’est lui qui doit diriger le gouvernement et conduire la politique de la nation.

La légitimité du Parlement doit être rétablie en garantissant sa représentativité et en lui donnant la maîtrise de son ordre du jour. L’Assemblée nationale doit mieux représenter la population, dans la parité des sexes, la diversité de ses opinions comme de ses origines sociales et ethniques. En intégrant une dose de proportionnelle dans le mode électoral actuel on peut atteindre cet objectif tout en dégageant des majorités conformes aux vœux des citoyens. Représentés par des élus légitimes et disposant d’un réel pouvoir, nos concitoyens redeviendront des acteurs de la vie publique.

- Le contrôle du pouvoir doit enfin devenir une règle permanente, garantissant transparence et équité pour les Français. Les organes de contrôle doivent pouvoir être saisis directement par les citoyens. Le Conseil constitutionnel doit pouvoir s’auto saisir en cas d’abus manifeste de pouvoir. L’Etat doit redevenir impartial. Les nominations aux plus hautes fonctions doivent s’effectuer sous le contrôle du Parlement et selon des critères de compétence et non en fonction de la proximité partisane avec le pouvoir.

Il faut bien comprendre que ce n’est qu’en rapprochant nos concitoyens du pouvoir et en leur redonnant confiance en leurs élus que nous pourrons rétablir l’unité nationale.

Franck LANGLOIS 

Commentaires

Deux réflexions s’imposent à mon sens :

1. La Vème République avait également pour objectif de pallier les errements du Parlement de la IIIème et de la IVème.

Si les parlementaires ont la maîtrise de leur Ordre du jour, ne risque t on pas de voir resurgir des débats sans fins sur des questions stériles ?

Le parlement doit très certainement retrouver un rôle plus important mais il ne lui appartient pas de gouverner...


2. Je suis parfaitement contre l’autosaisine du Conseil constitutionnel.

D’abord parce qu’il existe un mode de saisine parlementaire qui fonctionne correctement.

Ensuite parce que cet organe ne bénéficie d’aucune légitimité électorale.

Si ces « Sages », choisis et désignés suivant des critères obscurs, peuvent se saisir sans aucune limite, nous risquons de voir apparaître des blocages abusifs...

A moins que tu n’envisages une saisine par le peuple... Ce qui me paraît alors parfaitement justifié !

Bon courage pour la tenue de ce Blog !

Ecrit par : Antoine ETCHEVERRY | 23.10.2006

Bonjour,

La démocratie se mérite et se doit d'être vivante.
Ce n’est qu’en rapprochant les élus et les lieux de pouvoir du terrain et de nos concitoyens que les élus pourront avoir de nouveau confiance confiance en leurs concitoyens.

Je suis favorable au principe de remettre le débat public sur terre, et non le laisser suspendu dans les seules "strates élyséennes et énarchiennes", autorités suprêmes, et c'est pourquoi je demande que cette question de survie de notre démocratie soit débattue suivant les considérations suivantes :

1/ Le peuple, le citoyen n'est pas respecté comme un partenaire mais comme un sujet servile au niveau des choix politiques, et donc il n’a d’autre choix, quand il refuse d’être servile, que de s’affirmer rebelle.

2/ C'est là et pas ailleurs que vient le vote blanc, le vote populiste, le vote extrême : les choix politiques ne sont pas compris ou assez débattu.

3/ en vertu de quoi, je "milite" de plus en plus pour une authentique régionalisation avec démocratie participative venant en complément de la démocratie représentative, ça me semble même urgent! (un approfondissement démocratique de la République est nécessaire et vital pour rapprocher le pays "réel" de ses "élites" politiques).

A l'ère européenne, les autres grandes démocraties occidentales sont régionalisées (tels Espagne, Allemagne, Angletterre, Italie etc..), allons nous restez archaïque et risquer de mettre en danger notre vieille démocratie archaïque?

Salutations.
Yuca de Taillefer
"L'Etoile de Normandie".

Ecrit par : Yuca de Taillefer | 07.11.2006

Les commentaires sont fermés.