05.02.2007
Replacer l'humain au coeur de notre société
La presse s’est faite l’écho, il y a plusieurs jours, de l’arrestation par les forces de l’ordre de plusieurs sans papier au moment où ces derniers se rendaient à la permanence des restos du cœur.
Cette information m’inspire les commentaires suivants :
- si la loi doit bien entendu être respectée par tous, sur l’ensemble de notre territoire, son application doit toutefois obéir à certains principes supérieurs relevant, non de ce que les juristes appellent communément le droit positif, mais des droits naturels de l’homme, tels que la dignité et le respect de la vie humaine.
- en application de ces principes, il me paraît inadmissible que l’on profite de la détresse de personnes affamées, contraintes de se rendre dans les seuls endroits où on leur propose un repas, pour les arrêter, comme pourraient le faire des chasseurs qui se positionneraient aux abords d’un point d’eau pour attendre le gibier venant se désaltérer.
Cette arrestation qu’aucun Ministre de l’Intérieur n’aurait osé ordonner il y a encore quelques années, de peur d’émouvoir nos concitoyens à quelques semaines d’une élection majeure, est malheureusement la preuve d’un certain détachement de l’opinion publique sur la misère humaine, détachement entretenu par la diffusion quotidienne d’informations de plus en plus sanglantes (on finit par ne plus rien ressentir à l’annonce de la mort de centaines d’anonymes au travers le monde) et par un discours de fermeté qui fait vendre de plus en plus de…. voix !!
Si la tendance n’est pas irréversible, il devient néanmoins urgent de replacer l’humain au cœur de notre société.
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27.11.2006
Discrimination, parlons-en...
Du 13 au 17 novembre dernier, la Direction Départementale du Travail, la PAIO, le Conseil Régional de Haute-Normandie et le Conseil Général de l’Eure organisaient la semaine de l'égalité des chances.
Dans le cadre de cette semaine de débats et d'échanges, Aziz SENNI, jeune chef d’entreprise issu du quartier du Val Fourré à Mantes la Jolie et auteur du livre "l'ascenseur social est en panne, j'ai pris l'escalier" était invité à la salle des fêtes des ANDELYS pour nous parler de son parcours et nous faire partager son expérience.
Son intervention et celles des personnes présentes dans la salle nous ont malheureusement confirmé que la discrimination dans toutes ses formes (raciales mais aussi vis à vis des handicapés, des femmes, des jeunes, des personnes agées....) était plus que jamais d'actualité notamment au stade de l’embauche.
Nous avons notamment été sensibles aux pleurs d'une jeune femme pourvue d’une formation mais qui malgré ses diplômes, ne parvient pas, après plus de deux années de recherches, à trouver un emploi et même à décrocher un rendez-vous en raison de la seule consonance de son nom !!
Alors que faire ?
Deux points me paraissent essentiels :
1/ Faciliter les poursuites contre les auteurs de discrimination.
Nous disposons sur ce point de moyens légaux importants et il est par conséquent inutile de perdre son temps à légiférer de nouveau :
- la loi permet aujourd’hui de sanctionner tous les types de discrimination dans tous les domaines.
- le régime de la preuve de la discrimination a été modifié dans un sens plus favorable aux victimes : si ces dernières doivent prouver les faits qui en apparence peuvent laisser croire à une discrimination, c’est à l’employeur de prouver que ces faits reposent sur une réalité autre que discriminatoire.
- la loi du 30 décembre 2004 a créé la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) qui dispose d’un pouvoir de médiation et d’investigation et qui peut être saisie directement par les victimes de faits discriminatoires.
Malgré cela les poursuites pour discrimination restent peu nombreuses, probablement par méconnaissance des règles applicables, par peur d’éventuelles représailles mais aussi par fatalité, beaucoup des victimes de ces discriminations s’étant finalement résignées.
Nous ne devons toutefois pas les abandonner et il est indispensable de leur rappeler sans cesse les droits dont elles disposent, sur le terrain, comme le font déjà toutes les associations présentes, mais aussi et pourquoi pas par une grande campagne de communication du même type que celle que le gouvernement lance actuellement sur les violences conjugales.
Il faut par ailleurs leur rappeler qu’elles peuvent être accompagnées dans leurs démarches par de nombreux professionnels (avocats, délégués syndicaux, associations etc…).
Les habitudes ne changeront que si l’information passe.
2/ L’Etat et l’administration doivent être des exemples d’intégration pour toutes les victimes de discriminations.
Deux exemples nous montrent le travail important qu’il reste à effectuer en la matière :
- l’embauche des handicapés dans la fonction publique : alors que l’administration devrait en principe (comme les entreprises de plus de 20 salariés) compter au moins 6 % d’handicapés dans ses effectifs, elle n’en compte en moyenne que 4%, les services du Premier Ministre n’en occupant qu’un peu plus de …1%.
- le petit nombre d'élus, issus de ce qu’il est coutume d’appeler « les minorités visibles » dans toutes les assemblées représentatives du notre pays (Assemblée Nationale, Conseils Régionaux et Généraux…).
L’Etat et l’administration doivent pourtant montrer l’exemple, montrer à tous que la différence existe et qu’elle est source de richesse et non l’inverse.
La discrimination ne disparaîtra vraiment que le jour où nous n’aurons plus à parler de discrimination, le jour où l’opinion publique cessera de s’émouvoir et même de s’inquiéter, lorsqu’elle verra une femme là où elle avait l'habitude de voir un homme, lorsqu’elle verra un homme de couleur là où elle avait l’habitude de voir un homme de race blanche etc…., bref le jour où des réunions comme celle qui fut organisée aux ANDELYS n’auront plus lieu d’être.
En attendons, parlons-en.
Franck LANGLOIS.
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